Ni miracle ni régime

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Vingt ans de régimes

« Un régime strict, quelques semaines, et c'est réglé. »

Les régimes express et l'effet yo-yo

Chaque printemps ramène sa méthode miracle, avec ses règles strictes, ses interdits et ses résultats rapides. Et chaque automne, beaucoup constatent que les kilos sont revenus. Ce n'est pas un manque de volonté : c'est un mécanisme bien décrit.

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Vingt ans de méthodes, un même constat

Depuis le milieu des années 2000, les régimes à la mode se sont succédé : hypocalorique sévère, hyperprotéiné, dissocié, « sans » sucre ou sans gluten, jeûnes de toutes sortes. Leurs principes diffèrent, mais ils partagent souvent trois traits : une liste d'aliments interdits, une restriction marquée, et la promesse d'un résultat rapide.

Et leur bilan, quand on regarde au-delà des premières semaines, se ressemble aussi. L'expertise menée par l'agence sanitaire française (Anses) en 2010 sur les régimes amaigrissants l'a résumé sans détour : la grande majorité des personnes qui perdent du poids grâce à un régime restrictif le reprennent dans les années qui suivent, et une partie dépasse même son poids de départ.

Petit potiron posé sur une balance de cuisine bleue ancienne
La balance de cuisine a remplacé, dans bien des régimes, le plaisir de cuisiner. Peser chaque gramme se tient rarement plus de quelques semaines.

Pourquoi le poids revient

Plusieurs mécanismes se combinent, et aucun n'a à voir avec la paresse.

D'abord, une partie du poids perdu au début d'un régime très restrictif n'est pas de la graisse. Le corps puise dans ses réserves de glycogène, une forme de sucre stockée dans les muscles et le foie, qui retient beaucoup d'eau. Ces kilos-là partent vite et reviennent tout aussi vite dès que l'on mange normalement.

Ensuite, le corps s'adapte. Quand les apports baissent fortement, la dépense d'énergie au repos diminue elle aussi, un peu plus que ce que la perte de poids expliquerait à elle seule. Les hormones qui règlent l'appétit se modifient : celles qui donnent faim augmentent, celles qui signalent la satiété diminuent. Ces ajustements peuvent persister longtemps après la fin du régime.

Enfin, la restriction pèse sur le comportement. Les aliments interdits deviennent plus désirables, la vie sociale se complique, la fatigue s'installe. Le jour où l'on « craque », le retour aux anciennes habitudes est souvent brutal.

Plus un régime est strict, plus il est difficile à tenir, et plus la reprise est fréquente à son arrêt.

Le yo-yo, un cycle qui use

Beaucoup de personnes enchaînent ainsi régime, reprise, nouveau régime. Ces cycles répétés laissent des traces : une relation compliquée avec la nourriture, une perte de confiance en ses propres sensations de faim et de satiété, parfois des troubles du comportement alimentaire. Les études suggèrent aussi que les fluctuations de poids importantes et répétées ne sont pas anodines pour la santé, même si les mécanismes restent discutés.

Les agences de santé déconseillent donc les régimes restrictifs entrepris seuls, sans accompagnement, en particulier chez les adolescents, les femmes enceintes et les personnes âgées.

Mètre ruban enroulé sur fond gris clair
Le tour de taille bouge moins vite que la balance, mais il ment moins.

Ce qui aide vraiment sur la durée

Les personnes qui maintiennent un poids stable sur plusieurs années partagent rarement une méthode spectaculaire. On retrouve plutôt des habitudes modestes, tenues dans le temps :

Rien de tout cela ne fait perdre plusieurs kilos en un mois. C'est justement ce qui permet de ne pas les reprendre.

Se faire accompagner quand c'est nécessaire

Quand le poids pèse sur la santé ou sur la vie quotidienne, le bon interlocuteur est le médecin traitant, qui peut orienter vers un diététicien ou une prise en charge adaptée. L'Assurance maladie rappelle que le surpoids et l'obésité sont des sujets médicaux à part entière, qui méritent mieux qu'un programme trouvé dans un magazine.

Les indicateurs comme l'IMC ou le rapport taille-hanches aident à situer les choses, à condition de les lire comme des repères de population et non comme des objectifs à atteindre coûte que coûte.

Et les produits qui promettent d'aller plus vite ?

Gélules « brûle-graisses », thés « minceur », coupe-faim : ils accompagnent souvent les régimes express. En Europe, les promesses autorisées sur les emballages sont strictement encadrées et très peu concernent le poids : nous détaillons ce que dit la réglementation sur les compléments et le contrôle du poids.

L'essentiel

L'effet yo-yo n'est pas un échec personnel, c'est la réponse prévisible du corps à une restriction trop forte. La sortie du cycle passe moins par une nouvelle méthode que par l'abandon de l'idée même de méthode : manger varié et à sa faim, bouger chaque jour, dormir assez. Moins vendeur, plus durable.

Pas un avis médical : ce magazine informe, il ne remplace ni le médecin ni le diététicien, seuls à même d'interpréter vos mesures et votre situation, en particulier en cas de maladie, de grossesse, de traitement ou de troubles du comportement alimentaire.

D'où viennent ces informations · Inserm, dossier « Obésité » ; Assurance maladie (ameli.fr), surpoids et obésité de l'adulte.