Ni miracle ni régime

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Idée reçue n° 03

« Plus on transpire, plus on maigrit. »

Transpirer n'est pas maigrir : ce que la sueur dit (et ne dit pas)

On sort d'une séance trempé, on monte sur la balance, et le chiffre a baissé. La tentation est grande d'en conclure que plus on transpire, plus on avance. La balance dit vrai, mais elle ne parle pas de graisse : elle parle d'eau.

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La sueur, c'est de l'eau

La transpiration sert à refroidir le corps. Quand la température interne monte, à cause de l'effort, de la chaleur ambiante ou d'un sauna, les glandes sudoripares libèrent un liquide composé à 99 % d'eau, avec un peu de sel et quelques autres minéraux. En s'évaporant sur la peau, cette eau emporte de la chaleur. C'est un système de climatisation, pas un système d'élimination des graisses.

Lors d'un effort soutenu par temps chaud, on peut perdre un litre de sueur par heure, parfois davantage. Ce litre se lit immédiatement sur la balance : un kilo de moins. Mais il revient tout aussi vite, dès que l'on boit, et c'est heureux, car une déshydratation importante fait chuter les performances, donne des maux de tête et peut devenir dangereuse.

Cycliste au loin dans une rue au soleil couchant
Une sortie à vélo par temps doux fait peu transpirer et compte autant, pour la santé, qu'une séance en salle surchauffée.

Pourquoi certains transpirent plus que d'autres

La quantité de sueur varie énormément d'une personne à l'autre. Elle dépend de la génétique, de la température et de l'humidité, des vêtements, de la masse corporelle, et même de l'entraînement : paradoxalement, les personnes bien entraînées transpirent souvent plus tôt et plus abondamment, parce que leur corps a appris à se refroidir efficacement.

Transpirer beaucoup n'est donc pas le signe d'une séance plus « efficace », et transpirer peu n'est pas le signe d'un effort inutile. Une marche rapide de trente minutes par une matinée fraîche peut laisser la peau presque sèche ; elle n'en est pas moins bénéfique.

Sauna, film plastique et combinaisons : de faux amis

Les combinaisons « de sudation », les ceintures chauffantes et le film plastique autour de la taille promettent de faire fondre le ventre. Ils font seulement transpirer davantage la zone concernée, ce qui donne un tour de taille un peu plus faible pendant quelques heures, le temps de se réhydrater. Aucune graisse n'a quitté l'endroit visé. Il est d'ailleurs impossible de faire perdre de la graisse à un endroit précis du corps par la chaleur ou par un exercice ciblé.

Le sauna a ses agréments, la détente notamment, mais ce n'est pas un outil de gestion du poids. Ces pratiques comportent même un risque quand on les combine à l'effort : sous un vêtement imperméable, la sueur ne peut plus s'évaporer, le corps ne refroidit plus et la température grimpe. Les malaises à la chaleur sont un danger réel.

Un kilo perdu en sueur est un kilo d'eau, qui revient au premier grand verre. Il ne dit rien de l'effort fourni ni de ses bénéfices.

Ce qui compte quand on bouge

L'activité physique a des effets bien documentés sur la santé : sur le cœur, la tension, la glycémie, l'humeur, le sommeil, la solidité des os et des muscles. L'Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes au moins 150 à 300 minutes d'activité d'intensité modérée par semaine, comme une marche rapide, ou 75 à 150 minutes d'activité soutenue, ainsi que des exercices de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.

Ce qui fait l'intérêt de l'activité, c'est sa régularité, semaine après semaine, bien plus que son intensité apparente. Et ce qui pèse aussi dans la balance de la santé, c'est le temps passé assis : se lever, marcher un peu, prendre les escaliers, compte même pour ceux qui font du sport par ailleurs.

Escalier étroit entre deux immeubles
Les escaliers du quotidien : quelques minutes d'effort, souvent sans une goutte de sueur.

L'activité et le poids : un lien plus discret qu'on ne croit

Bouger dépense de l'énergie, c'est vrai, mais moins qu'on ne l'imagine : une heure de marche rapide correspond à peu près à un en-cas modeste. C'est pourquoi l'activité seule fait rarement varier le poids de façon spectaculaire. Elle aide en revanche à le stabiliser sur la durée, à préserver la masse musculaire, et elle améliore la santé quel que soit le chiffre de la balance. Une personne active en surpoids se porte souvent mieux qu'une personne mince et sédentaire.

Le tour de taille, que l'on peut suivre avec le calculateur du rapport taille-hanches, reflète souvent mieux que le poids les effets d'une activité régulière.

Boire, avant, pendant, après

Puisque la sueur est de l'eau, il faut la remplacer. Pour une activité ordinaire, boire à sa soif suffit, avec un verre d'eau avant de partir et un autre au retour. Les boissons sucrées « pour sportifs » ne sont utiles qu'en cas d'efforts longs et intenses ; pour une séance d'une heure, l'eau fait très bien l'affaire. Nous faisons le point sur les idées reçues autour de l'eau dans un article dédié.

En résumé

La sueur refroidit, elle ne fait pas fondre. Choisir une activité que l'on aime et que l'on peut tenir sur la durée, marcher davantage au quotidien, réduire les longues périodes assis : voilà ce qui compte, que l'on transpire beaucoup ou pas du tout. Et se méfier de la balance juste après l'effort, qui mesure surtout ce qu'il reste à boire.

Pas un avis médical : ce magazine informe, il ne remplace ni le médecin ni le diététicien, seuls à même d'interpréter vos mesures et votre situation, en particulier en cas de maladie, de grossesse, de traitement ou de troubles du comportement alimentaire.

D'où viennent ces informations · OMS, aide-mémoire « Activité physique » ; Manger Bouger (programme national nutrition santé) : bouger plus.